Groupe Eco-Coq vert de la paroisse

En 2019, la paroisse a reçu une demande en provenance de paroissiens catholiques et protestants de la région de Chambéry. Engagés dans les questions environnementales, ils souhaitaient rendre visite à une paroisse de Suisse romande pour partager expériences et réflexions au sujet de notre responsabilité dans le cadre de la Création de Dieu.  Sachant que nous, paroisse de Chêne, étions membres de l’association « œco Eglises pour l’environnement » et ayant appris que nous avions publié en 2015 une Charte de justice climatique, ils se sont adressés à nous.

C’est à cette occasion que s’est constitué en juin 2019 un groupe sous la direction de Nicole Piguet. Après un tour de table sur l’histoire de l’engagement écologique de la paroisse, il a proposé au Conseil de paroisse d’entrer en matière sur le principe d’un accueil d’un grand groupe œcuménique en provenance de France. Parallèlement, notre groupe ici à Chêne s’est rendu compte que la publication de la Charte nous posait le défi de mettre en pratique son contenu. Après mûre réflexion, la proposition a été faite au Conseil de paroisse d’engager la paroisse dans un processus de certification écologique pour obtenir à terme le label « Coq vert ». Le Conseil a accepté cette proposition en octobre 2019.

En novembre 2019, nous avons eu la grande joie de recevoir quatre délégués de Chambéry pour faire connaissance et prévoir ensemble plus en détail les bases spirituelles et les éléments du programme de la visite prévue (à l’époque) pour septembre 2020.

Notre groupe a pris depuis le nom de groupe Eco-Coq vert. Il réunit une bonne douzaine de personnes dont des paroissiens engagés, des membres du Conseil de paroisse et un des ministres. Des contacts réguliers ont été établis avec la région et avec la paroisse Rive gauche. Notre groupe est ouvert à toute personne intéressée. Ces derniers mois, les réunions ont été plus rares et ont dû se faire par visioconférence.

Nous nous occupons de réviser les plans pour la rencontre avec les paroisses de Chambéry et coordonnons les activités de notre paroisse en matière d’écologie, notamment le processus Coq vert. La pandémie a très sérieusement affecté tous les projets, mais nous espérons encore être en mesure de recevoir nos amis de Chambéry cet automne (samedi 18 septembre) et d’aboutir à la certification Coq vert dans une année et demie.

 


Charte pour une justice climatique

Charte de justice climatique, Déclaration et engagements sur le thème de la justice climatique et le respect de la Biosphère (2015)

Nous percevons les enjeux climatiques et la mise en danger des équilibres de la Biosphère comme touchant à un fondement crucial de la foi, à savoir la responsabilité envers autrui et la Création. C’est pour cette raison que des membres de la paroisse de Chêne, rassemblés en un petit groupe de réflexion, se sont fixés pour but de produire cette Charte de justice climatique.

Des versions papier peuvent être commandées de
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Justice Climatique :

Déclaration et engagements de la Paroisse de Chêne (Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Thônex, Conches)
Edition 2021, basée sur le texte de 2015 1

Conviction
Notre engagement s’enracine dans la foi chrétienne : Dieu a créé l’ensemble de ce qui existe et sa création est belle et bonne à ses yeux ; la venue de Jésus Christ confirme cette sollicitude divine envers la Terre et l’ensemble du cosmos ; l’Esprit ou Souffle de Dieu ouvre un avenir qui dépasse les contradictions et souffrances actuelles ; Dieu nous appelle à vivre en harmonie avec sa création, lieu de résidence de notre prochain et matrice de toute vie.

Nous louons Dieu pour la terre, l’eau, l’air, les plantes, les animaux et l’ensemble des créatures dont la beauté et la générosité nous émerveillent. La création et la Bible sont don de Dieu et signe de son amour.
Constat
Le réchauffement de l’atmosphère, la dispersion de micropolluants, la disparition d’écosystèmes essentiels à la biodiversité et l’analyse scientifique des causes de ces destructions nous
démontrent que notre responsabilité est largement engagée. Le bilan est sans appel, nous devons modifier très rapidement nos modes de vie et de fonctionnement pour cesser de détruire l’environnement et arrêter de nuire à notre prochain. Ce constat dépasse de beaucoup le cadre de notre communauté, du pays et du continent, mais il n’ôte rien à notre résolution.
Pour avancer vers une situation plus proche de l’harmonie et retrouver une forme d’équilibre durable, nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre d’un facteur dix d’ici à 2040 tout en luttant pour la justice et en cultivant l’amour du prochain.

Amour, foi et espérance
Notre foi et notre engagement nous aideront à y parvenir. Dieu nous a confié la Terre pour que nous en prenions soin. Nous avons donc reçu un ministère de service (diaconie) qui implique une responsabilité éthique (Genèse 1 et 2). Nous devons limiter à notre échelle l’influence des forces de destruction qui causent du tort au vivant.
Nous adhérons à une éthique de solidarité qui nous engage à aimer et à respecter notre prochain dans le sens donné par Jésus Christ, ce qui inclut les populations vivant au loin, les générations présentes et à venir, voire les autres créatures vivant dans la biosphère. « L’homme a pitié de son prochain, mais le Seigneur a pitié de toute créature. » (Siracide 18,13)

Engagement éthique
Nous voulons respecter les équilibres de la biosphère, ce qui implique de prendre connaissance des flux prélevés et rejetés dans cette enveloppe de vie du fait de nos activités et
de nos achats. Nous allons agir pour réduire ces flux d’un facteur dix en optant pour les solutions optimales du point de vue global. Le but est de cesser de participer à ce mouvement aberrant où pratiquement tout le monde nuit à autrui et à sa postérité, volontairement ou non. En effet, ignorance, négligence, mollesse et absence de remise en question renforcent les pouvoirs nuisibles à la création. Nous réalisons enfin que la croissance économique débridée fonctionne comme une divinité païenne. « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » (Matthieu 6,34)
Afin de remercier Dieu pour ses bienfaits, nous voulons témoigner de notre foi en paroles et en actes. Notre engagement pourra se traduire par les mesures concrètes énoncées ci-après.

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 1 La paroisse de Chêne a publié en 2015 une Charte de justice climatique dans laquelle elle développe plus en détail ses intentions. La présente déclaration s’en inspire directement :  charte de justice climatique, Déclaration et engagements sur le thème de la justice climatique et le respect de la Biosphère (2015), https://chene.epg.ch/charte-de-justice-climatique/
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Engagements concrets de la Paroisse de Chêne
Concrètement, nous, Paroisse de Chêne, nous, paroissiennes et paroissiens signataires nous engageons
à :

• Donner plus d’espace à notre relation à Dieu comme Créateur et à sa création dans nos célébrations et activités paroissiales ;
• Confier de préférence notre argent aux établissements financiers qui sont à la pointe de l’économie écologique et solidaire ;
• Réduire notre consommation d’énergie par une meilleure gestion du chauffage ;
• Analyser les flux dommageables générés par nos bâtiments et planifier à moyen terme des mesures d’isolation supplémentaires ;
• Favoriser, lors des rénovations, des matériaux de construction produits localement et si possible recyclés ;
• Recourir davantage aux énergies renouvelables dont le bilan écologique est favorable ;
• Utiliser des ampoules écologiques et du courant électrique renouvelable ;
• Identifier les appareils ménagers gourmands en énergie et changer ceux pour lesquels il existe des alternatives durables comparativement très économes ;
• Favoriser la biodiversité sur les espaces verts utilisés par la paroisse (dans l’esprit de la « Charte des jardins » 2 ) et réduire là où c’est possible les surfaces imperméables ;
• Porter une attention particulière à la qualité écologique des aliments de nos agapes, en recourant aux produits de l’économie paysanne et biologique, de l’économie de proximité ou du commerce équitable pour les produits typiques du Sud et limiter notre consommation de viande ;
• Réduire la consommation de papier en général et utiliser du papier recyclé labellisé pour l’essentiel de nos écrits et autres usages ;
• Réduire la quantité des déchets de toute sorte en rénovant ce qui peut l’être aux fins d’une réutilisation, tout en optimisant le tri et le recyclage ; renoncer à la vaisselle jetable dès
que possible ;
• Cheminer, dans la mesure du possible, à pied ou à vélo pour se rendre au culte et apprendre à apprécier ce moment, y compris en cas d’intempéries, ou s’y rendre en transports
publics ;
• Limiter les déplacements consommant beaucoup d’énergies fossiles lors des activités de la paroisse et de l’Église et, le cas échéant, recourir à des compensations carbone 3 ou à des mesures équivalentes ;
• Prévoir chaque année un budget annuel pour la mise en œuvre de cette déclaration ;
• Louer Dieu, aimer notre prochain et aimer la biosphère comme nous-mêmes.

Pour conclure, nous nous engageons à tendre vers une vie en harmonie avec la biosphère qui est la création de Dieu dont nous faisons partie. Les engagements ci-dessus ont certes un aspect technique contraignant, mais nous avons l’intime conviction que leur réalisation servira – modestement – la justice élémentaire. Leur mise en œuvre sera aussi source de joie et de plénitude, parce que l’esprit d’amour et de communion entre nous et avec la nature nous sera renouvelé chaque fois que nous réaliserons les progrès accomplis à notre échelle.
Chêne, approuvé par le Conseil de paroisse le mardi 4 mai 2021
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2 www.energie-environnement.ch/maison/jardin/charte-des-jardins
3 Des organisations sans buts lucratifs proposent des programmes qui compensent les émissions de gaz à effet de serre que l’on n’a pas réussi à éviter et qui financent ces mesures
en facturant les personnes ou organisations qui s’annoncent à elles. On mentionnera My Climate, mais il y en a d’autres.


Coq Vert : vers une certification environnementale

 

La paroisse de Chêne s’engage dans un processus de certification environnementale

Pour donner suite aux engagements formulés dans sa Charte pour une justice climatique de 2015, la paroisse s’est engagée dans le processus Coq vert.  Proposé par l’association « œco – Eglises pour l’environnement » (oeku.ch/fr), il aboutit à une certification reconnue en matière de gestion environnementale (selon DIN EN 14001). Le label Coq vert est délivré aux communautés ayant suivi un parcours en 10 étapes dont la qualité aura été approuvée lors d’un audit externe.

 

Coq Vert – un processus en 10 étapes

➔ 1 La décision de s’engager dans le processus coq vert doit être prise par le conseil de paroisse. Pour Chêne, cela s’est fait en automne 2019. La paroisse est également membre de l’association œco – Eglises pour l’environnement.

➔ 2 Une équipe environnementale doit être constituée et faire partie des structures reconnues de la paroisse. A Chêne, c’est l’équipe « éco-Coq vert » présidée par Nicole Piguet qui débat de toutes les questions liées à l’engagement environnemental de la paroisse et qui fait, le cas échéant, des propositions au conseil de paroisse. Un membre de l’équipe a suivi le cours de formation organisé par œco pour accompagnateurs Coq vert.

➔ 3 L’équipe environnementale élabore des « lignes directrices de la Création » pour adoption par le conseil de paroisse. Ce sera le fondement pour l’action de la paroisse en matière de responsabilité vis-à-vis de l’environnement, à moyen et long terme. Pour Chêne, la rédaction des lignes directrices s’inspire évidemment de la Charte publiée en 2015.

➔ 4 L’équipe fait le point sur l’impact environnemental de la paroisse (écobilan). A cet effet, on organise des visites détaillées de tous les lieux et espaces paroissiaux avec une ou deux personnes spécialisées en architecture, environnement ou énergie pour établir une liste des points problématiques. L’écobilan tiendra également compte d’une collecte d’idées d’améliorations faite auprès des personnes engagées dans la paroisse. Pour Chêne, un questionnaire ad hoc est publié sur cette page internet et dans le bulletin de paroisse.

➔ 5 L’évaluation qui suit consiste à trier toutes les données recueillies et à établir une liste de priorité en tenant compte notamment des points suivants : urgence, impact sur l’environnement, coûts et facilité de mise en œuvre.

➔ 6 Le résultat de l’écobilan et le cadre des lignes directrices permettent d’établir un programme environnemental. On y formule des objectifs à atteindre, des mesures et des délais envisagés. Le programme couvre l’ensemble de la vie communautaire. Toutefois, pour certains domaines, le processus Coq vert exige des indicateurs chiffrés : consommation d’énergie (chaleur), d’électricité, d’eau, de papier, recyclage des déchets, diversité biologique. La paroisse de Chêne utilise déjà un « compte de données vertes » mis à disposition par œco  pour visualiser sa consommation énergétique sur un espace de plusieurs années.

➔ 7 Élaboration d’un système de gestion environnementale (SGE), décrivant en détail les étapes prévues, les activités et les personnes ou services responsables (selon les secteurs).

➔ 8 On établit et publie un rapport environnemental. Il réunit les résultats de l’écobilan, le programme environnemental et des informations sur la paroisse. Il doit informer les paroissiens et le public en général des engagements pris par la paroisse en matière d’écologie.

➔ 9 Audit interne – vérification de l’ensemble des étapes précédentes et des démarches prévues.

➔ 10 Audit externe par un expert indépendant : est-ce que le système de gestion environnementale satisfait aux exigences du Coq vert ? si oui, le bureau de certification (œco pour la Suisse) délivre le certificat (label) Coq vert.Ensuite : mise en œuvre du SGE, évaluation annuelle et renouvellement de la validation après 4 ans.


Questionnaire

Le groupe éco-Coq vert de la paroisse de Chêne a besoin de votre contribution et de vos idées

La paroisse a décidé de s’engager dans un processus visant à une gestion responsable de son impact sur l’environnement. Nous aimerions obtenir le label « Coq vert » (label correspondant à une norme ISO 14001) dans une année et demie. Des mesures en faveur d’une réduction de notre consommation d’énergie ont déjà été prises comme p.ex. la pose de panneaux solaires et les travaux d’isolation du toit au Centre. La paroisse a également publié une Charte de justice climatique en 2015. Nous aimerions à l’avenir mettre en pratique de manière plus systématique les engagements figurant dans la Charte.

Pour décider des priorités et des actions à envisager, nous avons besoin de votre soutien et collaboration.  

Merci d’envoyer vos remarques soit sur papier dans une enveloppe à l’intention du Groupe éco-Coq vert, Paroisse protestante de Chêne, 77, rue de Genève, 1225 Chêne-Bourg,

Par un courriel à :  jacques_matthey@bluewin.ch ou en remplissant le formulaire en ligne.

UN GRAND MERCI POUR VOTRE COLLABORATION !

Questionnaire éco-Coq vert

* Champs requis


Jardins et espaces verts de la paroisse

Jeune paroissienne et militante activiste pour ExtinctionRebellion (XR) 

Une jeune paroissienne, Taïna Griscom, s’intéresse aux questions écologiques. Elle est membre d’un mouvement social «Extinction Rebellion »* Elle nous parle de ses convictions personnelles et lance également un appel à la communau- té paroissiale pour la création d’un jardin respectant la biodiversité. 

Alors que j’écris ces phrases, le monde est en « stand-by », on a le plaisir d’entendre les oiseaux chanter et d’écouter la nature qui semble, aujourd’hui, avoir trouvé le bon ton pour se faire entendre. 

Ne passons pas à côté de ce que ce virus peut nous dévoiler : depuis les années 40, on a vu réapparaître de nombreux microbes pathogènes et maladies infectieuses qui avaient depuis longtemps disparus. Malheu- reusement, le rythme de ces réappa- ritions risque de s’intensifier avec le réchauffement climatique et la fonte du permafrost*. 

D’un autre côté, on entend de plus en plus d’économistes et de politiciens parler de déconfinement pour ne pas se laisser entraîner dans une crise économique trop profonde. Et si nous nous mettions au diapason d’une question plus large : quel organisme malade s’agit-il de traiter ? 

La qualité de nos sols est un bon indicateur de la santé de ceux qui y vivent. Pour maintenir nos rende- ments frénétiques nous y injectons toutes sortes de pesticides, oubliant le pouvoir inouï de la terre de s’auto- réguler. Depuis 1970, nous aurions une réduction dramatique de 30 à 80 % selon les espèces d’oiseaux,de mammifères ou d’insectes sur terre. Résistons à ce système toxique tout en produisant notre propre nourriture ! 

En tant que paroissienne, je pense que notre communauté a un rôle à jouer. Forts de nos valeurs d’amour et de foi, commençons par la régénération de nos sols, en apprenant à cultiver avec, plutôt que contre, la nature. 

Je lance ici un appel à la commu- nauté : voudrait-elle s’engager dans un projet de jardin communautaire, cultivé selon des valeurs de perma- culture*, de régénération, de solidarité et de la résilience ? Ce projet verra le jour – si nous avons suffisamment de personnes motivées -dans le jardin, situé derrière le Foyer du temple.

Je suis convaincue que ce projet pourrait entraîner de nouvelles générations à s’impliquer dans la vie de la Paroisse : imaginez des enfants qui plantent des graines, qui jouent dans une terre grouillante d’insectes, à l’ombre d’un pommier…qui cueillent et mangent des fruits… Je vous invite à rêver et surtout à me faire signe. Pour que ce projet se concrétise nous avons besoin de savoir s’il y a assez de personnes motivées ! N’hésitez pas à me contacter. Courriel : ▪ tainagriscom1515@gmail.com 

Notes de la rédaction 

*Extinction Rebellion : terme anglais, qui désigne un mouvement social écologiste et international, créé en 2018 au Royaume-Uni. Site officiel : https://rebellion.earth/ 

*Permafrost : c’est le pergélisol (en français). Un sol dont la température reste inférieure à 0°C pendant au moins 2 années consécutives. Il constitue 20% de la surface terrestre. 

*Permaculture : c’est un concept d’agriculture qui prend en compte la biodiversité locale. 

Article tiré du journal Foi et Communauté n°159 de juin 2020